Le Moulin de Guédelon.

C’est la première fois que nous avons l’occasion de voir le moulin de Guédelon, il n’est pas toujours facile d’y accéder car il est situé à environ 500 mètres du parc et en plein milieu du bois.

Avec la sécheresse qui sévit actuellement le moulin est au chômage technique, le meunier nous a montré le fonctionnement à la force des bras et comment la machine hydraulique travaille quand il y a de l’eau à disposition. Ce moulin a été construit de toutes pièces en prenant comme référence les restes qui datent du 12eme siècle, retrouvés presque en intégralité sur un chantier TGV dans le Jura. Il a fallu deux ans pour arriver à un fonctionnement optimal. Une jambe de force permet de régler plus finement la mouture en abaissant la meule tournante, une particularité qui n’est pas commune à tous les moulins hydraulique de cette époque.

L’alimentation en eau

Les moulins à eau sont construits directement sur le cours d’eau ou, si le tracé du cours d’eau n’est pas propice à la construction, on capte l’eau et on l’amène jusqu’à l’endroit choisi par un canal de dérivation, le bief, qui peut parfois être assez long.

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Les roues

Pour que l’eau développe sa force motrice, il faut évidemment la diriger vers la roue qu’elle doit mettre en mouvement, par son poids ou par la manière dont elle en frappe les pales.

Roues de poitrine : l’eau arrive sur le côté de la roue et elle frappe celle-ci légèrement au dessus de son axe, c’est-à-dire à peu près à la hauteur de poitrine d’un homme

Roues de côté : l’eau arrive sur le côté de la roue et elle frappe celle-ci en dessous de son axe. Elles sont, le plus souvent, à aubes planes.

Roue en dessous : l’eau libérée par la levée d’une vanne pousse les pales de la roue par le bas. Ce type de roue entraînée par le courant de l’eau est simple, voire même assez rudimentaire et ne peut fournir que peu de puissance, surtout en période de basses eaux. Dans les roues de types en dessous, l’eau agit par percussion et grâce à la vitesse acquise.

 

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Les meules

Le système est constitué de deux meules. La meule inférieure est fixe, on l’appelle meule dormante ou gisante. La meule supérieure tourne sur la meule inférieure grâce au mouvement de la roue ; on l’appelle meule courante, tournante ou volante. Les deux meules sont constituées soit d’un seul bloc de pierre, soit de plusieurs morceaux, appelés « carreaux », retenus ensemble par du plâtre, du ciment et surtout par 2 ou 3 cerclages de fer. Les 2 faces des meules ne sont pas parfaitement planes. D’une part, elles laissent un petit espace entre elles dans la partie proche du centre, pour que les grains puissent pénétrer entre les deux roues. D’autre part, elles portent sur les surfaces se faisant face des rainures, de moins en moins larges et de moins en moins profondes lorsque l’on se rapproche de la périphérie. Ces rainures favorisent le déplacement des grains vers l’extérieur, ce qui permet d’arracher d’abord leur enveloppe puis de les écraser. Pour assurer un travail soigné, les meules doivent être équilibrées, la distance entre les deux faces en contact devant rester constante sur toute la périphérie. Au Moyen Age, les meules ne sont pas rainurées, elles ne sont que « piquées ». Au 19esiècle, les meules deviennent plus efficaces, ce qui permet de réduire les « issues » (ce qui n’est pas conservé) et donc d’augmenter la proportion de farine utilisable pour l’alimentation humaine. Une meule a une durée de vie moyenne d’une quarantaine d’années et doit être « rhabillée » (piquée, mieux rainurée) tous les 2 ou 3 mois, si l’on désire un bon rendement.

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Le mécanisme

Le système à roue verticale est complexe car il s’agit de transformer le mouvement vertical en mouvement horizontal. La transmission de la rotation s’effectue par l’intermédiaire d’un rouet denté muni d’alluchons fixé sur l’axe de la roue et d’une lanterne composé de fuseaux, qui constituent un système de renvoi d’angle. Le gros fer qui traverse la lanterne repose sur le palier et supporte à son autre extrémité la meule courante par l’intermédiaire de l’anille. En effet, pour que la meule vivante du dessus soit entraînée, elle est trouée en son centre et un morceau de fer, l’anille, est scellé en cet endroit. Un barreau de fer se terminant par une fourche va entraîner la meule en s’encastrant au centre de l’anille. Le grain est contenu dans la trémie. Maintenu à la trémie, l’auget est l’organe régulateur de la distribution du grain grâce aux effets de la gravité et de la trépidation. Celle-ci est imprimée par le frayon (ou babillard) qui, en tournant, frappe l’auget sur le côté quatre fois à chaque tour de roue, dont chacun fait glisser une certaine quantité de grains. C’est le frayon qui est responsable du caractéristique tic-tac des moulins. Le grain est ensuite acheminé vers l’oeillard, au centre de la meule, où il s’infiltre entre les deux meules. La mouture (farine et son) est expulsée vers l’extérieur par la force centrifuge. Pour qu’elle ne se répande pas partout autour des meules, les meules sont enfermées dans un coffrage de bois. La mouture s’échappe par une trémie d’échappement qui aboutit dans l’auge où elle est recueillie. On récupère donc à la fois la farine et le son, qu’il faut ensuite tamiser pour les séparer.

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Je me suis bien aidé du document suivant qui rassemble bien des choses que notre guide nous a expliqué.

Sources : http://www.lignerolles-03.fr/111ftp/Apparition des moulins à eau.pdf

 

9 réflexions sur “Le Moulin de Guédelon.

    1. Cela ne va pas être facile, la rivière passe à 350m de chez moi, elle coule à une altitude de 165m et moi je suis sur une motte à 175m, je reconnais volontiers que je me débrouille pas trop mal mais il y a des choses que je ne maîtrise pas 🙂
      Et je ne te parle pas des écologistes qui pourraient me tomber sur le dos parce que je détourne le parcours de la rivière.
      A pluche.

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    1. Comme je l’ai dit dans le précédent article c’est un site à visiter si tu es dans la région, je ne connais pas d’autre endroit en France qui ont la même démarche, c’est à deux pas du Morvan où tu trouveras le calme et la tranquillité.
      A pluche.

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  1. J’ai découvert ce moulin en Mai dernier, et il y avait assez d’eau pour avoir droit à une démonstration. Par contre, il y avait tellement de monde que toute photo a été impossible dans de bonnes conditions. Tes explications sont très claires!

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    1. Nous sommes arrivés au moulin en même temps que le meunier, en fin de saison il n’ouvre que de 13 à 17h et quand nous sommes repartis vers le parc les cinq personnes du début avaient été multiplié par dix.
      Le document qui m’a servi de sources et comparable à ce que nous avons entendu sur le terrain.
      A pluche.

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  2. Le moulin… Très bonne idée… Je vais me coucher, je n’ai pas dormi cette nuit… Et je me suis endormi sur l’ordi…
    Bonne nuit Anatole…

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    1. Moi j’ai passé de la lasure sur ma table forestière, je me suis rendu compte qu’il y avait quelques planches à changer et ensuite j’ai transformé un truc en bois en nichoir pour oiseau.
      Cette nuit tu vas pas encore dormir 🙂
      A pluche.

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