Dans le collimateur du chef (2).

La suite tout de suite…
Voilà nous avons fini la distribution et je m’en vais donc clore la boucle en ramassant le courrier de l’agence postale qui est sur mon parcours, je charge les caisses, les paquets puisque maintenant après plus de quatre heures de route nous avons quand même fini par vider la voiture.
Et nous voilà sur le chemin du retour quand soudain, je ne sais pas ce qui m’a pris alors que nous avions très peu discuter je lui ai dit: tu veux la voir ?
Elle a répondu: oui, avec un petit sourire sur le coin de la lèvre. (je ne sais pas ce qu’elle a pu imaginer ?)
C’est là que tout a basculé.
J’ai pris le petit chemin qui mène à la cabane de chasse, celle qui se trouve sur le chemin du retour, après avoir pénétré dans le bois et avoir fait environ 300 mètres sur un chemin rempli d’ornières, nous sommes arrivés devant la cabane qui n’est en fait qu’un vieux bus dont les fenêtres cassées ont été remplacées par des planches de bois, les roues ont été enlevées et maintenant il repose sur des parpaings , sur le coté il y a un petit parking pour mettre les voitures, de la route tout est invisible.
Les premières habitations sont bien trop loin pour qu’on puisse entendre le moindre bruit, c’est calme et paisible, personne ne viendra aujourd’hui j’en suis certain.
Un gros chêne centenaire fait de l’ombre durant l’été mais surtout il y a une grosse branche qui sert de portique, cela permet de pendre le gibier, grâce à un système de poulies il est facile pour une personne seule de mettre le gibier à bonne hauteur pour le dépeçage.
Nous sommes descendu de la voiture, je suis allé chercher la clé sous le marche pied, j’ai ouvert la porte de la cabane, nous avons découvert une longue table en planche avec deux bancs de chaque coté, une vieille cuisinière à bois munit d’un tuyau en tôle qui sort par le trou d’une fenêtre pour décorer et donner un peu de chaleur durant l’hiver.
Je lui ai dis, tu as froid ?
Elle a répondu: oui.
Mais cela je m’en doutais, parce 4 heures assis dans une bagnole, sans bouger sauf prendre des notes, cela vous réchauffe pas un bonhomme et en plus je n’avais pas mis le chauffage car moi j’aime bien rouler avec la fenêtre ouverte.
Alors j’ai craqué une allumette sous la bourrée qui était déjà dans le foyer, je suis quand même pas un monstre et le feu s’est mis à crépiter, j’ai sorti deux verres, une bouteille d’alcool de prunes d’une petite armoire et j’ai servi à chacun une bonne rasade de ce breuvage. En déplaçant la bouteille j’ai fait tomber les crocs de boucher en inox qui étaient mal rangé et j’ai bien été obligé de lui dire à quoi ils servaient….

Son téléphone portable a sonné, c’était un SMS de son patron, qui est le mien aussi, j’ai lu le message:
Comment ça se passe avec le dur à cuire ?
J’attends ta réponse, biz.
Qu’est ce que vous auriez fait à ma place ?
Eh bien j’ai répondu:
RAS
Pas si dur à cuire.
Faut que je prenne des vacances.
A pluche.
Durant les jours qui ont suivi je suis venu entretenir le feu.
Dimanche quand les gars sont arrivés ils ont dit que c’était sympa d’arriver dans la cabane et de trouver une petite chaleur, par contre pour l’odeur ils se sont posés des questions sur ce qu’ils allaient avoir à manger.

La radio s’est mise en marche, c’était une chanson reprise par Renaud, « la butte rouge », il était 6 heures, l’heure pour moi d’aller mettre la machine à café en route, me raser, me doucher avant de déjeuner et de partir au boulot. Sur la table de la cuisine aucun mot. J’ai chercher partout un message de mon patron sur mon lieu de travail, Nikam n’était pas là et personne pour m’accompagner en tournée mais cela n’a rien d’étonnant, mon chef n’a pas le sens de l’organisation .
J’avais sans aucun doute fait une overdose homéopathique et ma nuit c’était transformée en rien d’autre qu’un mauvais rêve.

©anatolem 2010-01.

8 réflexions sur “Dans le collimateur du chef (2).

  1. J’avoue que je ne m’attendais pas à cette suite! Tu ne dois pas regretter avoir quitté cette boîte où ceux qui demandent simplement que la dignité des salariés soit respectée sont traités de « durs à cuire »!

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  2. Et Nikam avait disparu, probablement accrochée à un croc de boucher… Puis a servi de succulent repas à tes invités chasseurs… Les graisses en trop alimentaient le petit feu qui les a accueillis…
    Très bonne journée à l’ogre de Sancergues…

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  3. Haha je ne m’attendais pas non plus à cette suite !! Tu devrais te lancer dans l’écriture de romans à suspense ou films d horreur lol bisous

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  4. Profites en bien de ta cabane dans les bois. Mon homme a fait la sienne toute de bois les piliers plantés en terre avec du béton pour un bon maintien (seule entorce) même les fenêtre et la porte son de bois. Par beau temps il laisse ouvert et bois tous les jeudi l’apéro avec ces motos. Comme quoi il en faut peu pour être heureux. Je vais lui donner l’idée du chauffage, je lui est déjà trouvé une solution pour des toilettes sèches et donc écologiques en cas de présence féminine avec une petite annexe prévue à cette effet 😘

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    1. C’est une fiction et je n’ai pas de cabane, les quelques fois où j’ai été invité à la chasse elles ressemblaient à quelques choses comme cela. Mais on est d’accord il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux.
      A pluche.

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